De Vigne et de Vendange.....

Nous ne pouvons rien retirer à nos connaissances, mais nous pouvons toujours y ajouter. La mémoire, lorsqu'elle se réfère aux souvenirs

de l'enfance poursuit notre construction d'homme, lentement, mais toujours, jusqu'au dernier instant.

 


La vendange présente aujourd'hui un aspect à la fois informel et industriel la mécanisation et l'ordonnancement de la récolte, orchestré par des machines et une planification à outrance ont enlevé ce qui faisait de cet évènement un instant mythique aux rituels ancestraux. De nos jours, des engins monstrueux arrachent la récolte faisaint fi de détails, deverssant sur nos routes un suc collant au mépris de l'aspect qualitatif, l'europe et les subventions permettant de gachis de l'esprit du vin. Finies les colles bruyantes de vendangeurs venus de l'ariège, d'espagne, pour laisser place à de maigres effectifs cantonés à la vendanges de"pointes".

Fini, fini, mais pas la mémoire, la mémoire de cette époque pas si lointaine des années soixante, où la vendange représentait le point fort de la vie sociale. Les familles éparpillées se regrouppaient à cette occasion, pour vendanger la vigne familiale, ou pour " ramasser des sous" à cette occasion, dans un climat convivial, en dépit de la fatigue accumulée, de la chaleur sous le soleil bas de septembre,des rosées du matin et des premières pluies d'auromne.

Nous vendangions dans la colle d'Albiach, une grose colle de 24 vendangeurs, 6 porteurs, un tracteur, le Lanz et des chevaux, nous vendangions, les chemins de narbonne, l'antoinette, la prade, le petit bouchet, l'olivette, la manse noble, saint antoine, la lécune...nous terminions généralement par les bram maries et un festif dios a vol.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Colle d'Albiach Taillefer dans les années 60.

 

Les femmes portaient encore "la caline" et les jeunes porteur prtiquaeint la capounade, le jeune vendangeuse qui oubliait (volontairement ou non) ou raisin à sa souche se voyait gratifiée d'une capounade, une sorte de baiser/morsure au coup et d'une mascarade avec les grains de raisins. Deux Mouseignes conduisaient le tempo, il faillait suivre leur rythme sans les dépasser, elles étaient sous la direction d'un régisseur, qui décidait le choix des vignes à vendanger à la fois débonnaire et distant, il dirigeait de main de maitre cette entreprise complexe, car son rôle s'étendait jusqu'à la cave où Salvador Puydémon officiait.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La colle traditionnelle de Mazet et Rigaud avec les semals et l'attelage du cheval dans les années 60.

En ce temps, la production vinicole était faite de cépages à fort rendements, Aramon, carignan, grenache, les raisins lourds produisaient un vin destiné à la consommation courante, pas de cépage améliorateurs, pas de techniques de vinifications spéciales, le vin de Moux était enfermé dans une logique de rendement à l'hectare. Ce n'est qu' à force de crises ,la prise de conscience de quelques viticulteurs et la chute inéluctable des grandes propriétés que la reflexion à conduit vers un objectif qualitatif, par l'amélioration ou l'apport de nouveaux cépages:

- Syrah donnant un vin plus fruité

- Mourvèdre - fruité, épicé, plus long à s'épanouir

- Grenache qui apporte traditionnellement du degré et de la puissance

- Carignan, Cépage historisue des corbières, rustique, ayant du corps

- Cinsault apporte de la souplesse, à la base des rosés.

Le terroir de Moux se situe sur des terrains argilo calcaires, avec quelques marnes dans la plaine d'alaric. L e climat est typiquement sous influence méditerranéenne. L'a ppelation Corbières AOC est complexe dans sa définition, parcelles, délimitations communales, cépages et méthodes de travail en dessous de 70 hl/ l 'hectare.

Les vins de pays sont hors zone d'appelation, d'autres cépages sont cultivés depuis peu - Syrah, Caladoc, Cabernet (vin de garde- acidité et alcool elevés).

La densité des plantations est de 4000 pieds à l'hectare (2m x 1m)

Il n'y a plus de greffage comme autrefois, les plants sont issus de pépinières ( var, vaucluse, aude). La taille se fait en goblelet (carignan, grenache), taille guyot (syrah) ou pour l'espalier.

Le travail du sol permet de bonifier la culture, traditionnel (herse), le décavaillonnage (déchausser les pieds) l'amottage (remonter la terre), l'anerbement ( semer de l'herbe) oblige la vigne à chercher l'eau en profonduer et de constituer ainsi sa spécificité de terroir. Le broyage des sarments permet de constituer un humus biotope benefique et naturel. L'engrais chimique est progressivement remplacé par de l engrais organique, il s'inscrit dans un cahier des charges d'une conduite raisonnée de la viticulture.

De nos jours, si l'on continue à traiter la vigne contre les maladies (Oidium, mildiou), les insecticides et pesticides sont moins utilisés, dans notre région, il y a environ 7 traitements par an contre 14 dans le bordelais ( moins de pourriture dans notre région).

La pratique de l'effeuillage permet d'obtenir une maturité optimale en quelques jours.

La vendange est aujourd'hui manuelle à 10%, le reste est en proie aux machines à vendanger. Une vigne traitee manuellement a une durée de vie de 80/100 ans, en mécanique- 40 ans.

La vinification chez les producteurs ayant opté pour la qualité est dite traditionnelle , le raisin est foulé et ecrasé en cuve, il fermente 12/15 jours pour les AOC, 30 j pour les vins de garde, 12 j pour les vins de pays, et 6 j pour le voin nouveau.

PAGE EN COURS DE REDACTION - JANV 2006