La végétation.
L'Alium Moly, une légende ?

Ce n'est rien de dire que la végétation de l'Alaric est exceptionnelle. La limite de l'influence des Climats Océaniques et Méditerranéens, la hauteur (600m) de l'Alaric, la mixité des couches géologiques du Primaire, du Secondaire, du Tertiaire, contribuent à la vie de cette flore visitée par les plus grands botanistes..

Moux, une terre d'exportation pour les plants d'Olivier au 19° Siècle


Le couvert végétal de type Méditerranéen prospère sur un sol à majorité calcaire, les essences sont nombreuses et variées. Le chêne Kermès, toujours vert produisant des glands qui alimentaient les cochons élevés par nos parents durant la guerre, l'écorce servait autrefois à tanner les cuirs(le Tan). Son nom local est la "garouille", ses feuilles sont piquantes, l'insecte Kermès ou cochenille est le parasite qui a donné son nom à l'arbre. L'autre chêne est le chêne vert (Quercus ilex) ou Yeuse. Le Genet (Genista hispanica) occupe les marnes à flanc de colline. Le buis est très répandu dans la garrigue, avec son inséparable compagnon, le cade.

 

L'Arjalat aux vertus médicinales

Les Arbousiers aux fruits comestibles à l'Automne. L'Ajonc épineux occupe les dépressions humides, il fleurit en Hiver. Le romarin, la lavande aspic, le thym, le genévrier.
Les pins sont aussi présents : pins d'Alep, pins de Crête, Pins noirs de Sallsman (pinus Austriaca) produits d'un reboisement dans les années trente, ils dénotent dans un paysage Méditerranéen, mais ils privilégient la sortie du " Rousillous " champignon mythique (lactaire délicieux). Les Cyprès balancés au vent de cers sont omniprésents, soulignant les plis du paysage ou les constructions humaines, créant ainsi les abris les plus insolites, aux croix, cabanes, murs, maisons. Toutes les essences Méditerranéennes sont présentes, la Térébenthine, le troène, la coronille. Mais aussi le Genet nain, le gremil ligneux aux fleurs bleu vif, l'anthilys montana, la sabline dans les fissures de roche, l'iris, le narcisse de garrigue, l'orphys lutea, des variétés de fritilaires des Pyrénées.
(A propos de Botanique Henri Castel/D. Barreau BSESA 95)

Trois plantes de l'Alaric sont protégées:

- l'Ail doré (Allium moly), l'Orphys bombyx (Orphys bombilyflora), l'Orphys miroir (Orphys speculum)

d'autres plantes rares caractéristiques des milieux calcaires:

- Campanus speciosa, Iris Iutescens, Globularia repens, Tulipa Australis etc...

voir Direction Regionale de l'environnement- -Alaric

Mais la plante unique, mythique de l'Alaric, c'est bien sûr l'Ail moly. Si vers la mi-Mai, vous rencontrez cette plante sauvage sur quelque pente rocailleuse, figez vous et contemplez la, il serait vain de la cueillir, elle flétrirait aussitôt, ne la touchez pas, après avoir lu ce qui suit, vous comprendrez pourquoi.
Une légende veut que l'Allium Moly existe en France seulement sur le Mont Alaric. Et la "flore Bonnier" n'a pas peu contribué à accréditer cette affirmation, en précisant que l'on ne trouvait cette plante que dans le département de l'Aude, sur le Mont Alaric et que cette plante y est très rare. En fait, on a signalé des gîtes d'Alium Moly à Montolieu et dans les basses Alpes.

Dans son "spéciès", Linné établissant au cours du XVII° Siècle sa Systématique Botanique avait baptisé Alium Moly une plante citée par Théophraste dans son histoire des plantes (Moly= Jaune en Grec). Cette expression moly désigne dans Ovide et Pline une espèce d'ail utilisée contre les envoûtements. Quelques années plus tard, le grand Lamark fut mis en possession d'un ail jaune de provenance française. Il n'est pas invraisemblable de penser qu'il venait de l'Alaric et qu'il avait été communiqué à Lamark par l'Abbé Pourret savant botaniste de Narbonne. Lamark croyait voir une différence entre l'ail Moly de provenance hellénique et cet ail jaune de provenance Française, il baptisa cette plante Alium Aureum (Ail doré). On s'aperçut vite qu'il y avait une identité absolue entre les deux plantes, Lamark persista dans sa traduction française d'ail doré. Ail doré, Ail magique de Plaine, Ail jaune, l'histoire se complique lorsque dans l'Odyssée, il est question d'un "ail molu" aux racines noires et aux fleurs blanches, difficile à déraciner (il fallait la force d'un dieu) et aux vertus magiques. La magicienne Circé se servait de cet ail molu pour établir des sortilèges et assurer des guérisons miraculeuses.(Joseph EUZET pour le texte sur l'Ail Moly BSESA 62

Nos poètes aussi ont abordé avec talent la description de la végétation Mouxoise, Jean Lebrau dans "Images de Moux" décrit ainsi le figuier : Ses feuilles sont rudes. Son bois est violet, le soir. Il est partout, lui aussi, tors ainsi qu'un satyre rhumatisant. Quand ses petites outres se fendillent c'est que la vendange approche. Les goulus ne font qu'une bouchée de ce fruit ambroisien. On le galvaude. Il y en a trop..... les figues les meilleures sont les figues de Marseille, leur chair est du soleil, un miel chaud. Cet arbre a toute l'inconvenance d'un demi-dieu champêtre.