La Légende du Trésor de l'Alaric


LE TRESOR DE L'ALARIC

La légende du trésor de l'Aric repose sur une phrase, une affirmation, "Entré l'Aric et l'Aricou, ya la fourtuno dé trés seignous", cette phrase à été transmise de génération en génération, mes parents me la citaient souvent. Quelle est cette fortune et quels sont ces seigneurs ? Moux dépendait des Seigneurs de Lagrasse, de Simon de Monfort et de l'Evêque de Narbonne. Ce trésor a t'il un rapport avec Alaric, roi des Wisigoths ? Est il lié à l'existence d'un lieu de culte à la Fount de Santat ? Pourquoi la découverte vers 1850 de trois autels votifs a suscité les réticences des plus éminents archéologues ?
Autant de questions, autant d'interrogations, autant de pistes de solutions, avec cette lancinante autre question, le trésor de l'Alaric est il toujours là ?

Un trésor commence toujours par une légende, tout d'abord, un trésor est caché par des personnes qui ne souhaitent pas que le vulgaire puisse le trouver. Pour cela, ces personnes vont multiplier pour les seuls initiés des indices qui permettront de le retrouver. Ces indices seront divers, pour brouiller les cartes, l'on multiplie les pistes de plusieurs trésors, il faudra bien sûr faire intervenir les Templiers, Otto Rahn, les Rose Croix, un Roi maudit, spolié. Il faudra par ailleurs découvrir des parchemins, si possible par un prêtre sulfureux. L'apport d'indices matériels est un plus non négligeable, des pièces d'or et d'argent sont des preuves irréfutables. Enfin, l'intervention de M. LOBINEAU sera du meilleur effet pour donner crédibilité à cette légende. Telle est la génése du trésor de Rennes le Château, mais à Rennes, il n'y avait pas de légende, seulement un trèsor. A Moux, il y a la légende, cherchons donc le Trésor et pour cela, refaisons l'histoire..

L'Alaric dans l'histoire.

Merveilleux belvédère visible depuis le pas du Loup (route de Béziers)L'Alaric a longtemps été l'un des postes frontières clé du système de défense du Royaume Elysique, dominant la plaine de l'Aude, surveillant les échanges commerciaux de la Méditerranée vers l'Océan, sa situation géographique a toujours été exploitée par l'homme. Les nombreuses grottes ont livré des traces d'occupation qui ont perduré à nos jour, depuis le Chalcolithique (env 2600 av Jc à la Période Romaine ), le camp Rolland-, d'une église fortifiée -St Pierre d'Alaric- et les nombreuses traces de tessons d'origine romaine -tegulae, imbrices, marques de potiers de la Graufresenque, monnaies Ibériques, romaines, Arabes, Royales etc.

Très tôt, dans l'histoire, le site de Moux s'est trouvé lié aux grands courants commerciaux de l'Antiquité, d'abord, route d'échange entre les ports Méditerranéens et l'Aquitaine et l'Ouest, pour les métaux des Iles Casitérides, des produits finis en provenance de la Grèce, de Rome, de l'Orient. Par la suite, route essentielle au développement et à l'expansion Romaine, puisque Narbonne sera privilégiée par rapport à Marseille ou Agde pourtant ports de haute mer.
La première piste d'un trésor, date de l'époque romaine,

Le passage fréquent de rois, papes, seigneurs dans un village de quelques âmes, sans rôle économique dans l'histoire nous incite à réfléchir sur les événements qui par la suite ont laissé des traces irréfutables. La découverte vers 1850 de trois autels votifs supposés d'origine romaine -en fait des faux-, à l'époque ou les "antiquaires" comme le Chevalier Du Mège prenaient le nom d'Archéologues et où un certain Scévole Bée (en fait Prosper Mestre Huc) caché sous un pseudonyme, traçaient par leurs écrits et leurs découvertes, un rébus qu'il est difficile aujourd'hui de démêler. C'est bien de cet écrivain au curieux pseudonyme, qui se fit inhumer dans un cercle de pins sur ses terres de Faillenc que prend naissance cette histoire....ce n'est pas le moindre des paradoxes, Svévole Bée n'écrivit jamais sur ce Trésor.

Tableau du Château de St Pierre d'Alaric, peint vers 1740 par un anonyme, l'on distingue les masures, la chapelle aujourd'hui ruinée et la tour, vestige du château primitif.

Aujourd'hui il ne reste plus rien de ces vestiges. A la même époque la famille CASSINI, cartographes des rois de France dissimulait ce château en le plaçant du côté de Montbrun.. Il nous a été permis de voir ce document exceptionnel dans la collection de Guillaume de la Grave...

Les terres de Faillenc et de Bevas sont directement au pied de la Montagne d'Alaric, et la source de la Font de Santat était dans son domaine, les ouvriers qui creusèrent la fontaine pour permettre un meilleur débit, trouvèrent certainement des quantités de pièces romaines, ces pièces permettaient au passant de la Voie d'Aquitaine de s'attirer les grâces du Lare Larasson, protecteur des lieux.

La continuité du site, du I° au IV° Siècle, permet de penser à un site exceptionnel, son culte devait attirer des pèlerins de toute la Région et enrichir ainsi les magistri pagi, chargés de son administration. Ce butin amassé pendant des siècles permit à ces magitri de prospérer, ce n'est que beaucoup plus tard, au début du IV° Siècle que ce fanum sera abandonné lors des grandes invasions. Comme tous les sites de la Région, les céramiques et les tegulae laissent apparaître des traces de brûlures, le site ne fut pas abandonné, il fut détruit, le butin le plus apparent emporté, les animaux, les femmes et les enfants comme esclaves. Les trésors monétaires, généralement enfouis échappaient à la prise. Ce qui explique les découvertes dans la région Mouxoise de pièces de monnaie romaines, le pays était prospère, la paix avait duré trois siècles, avec de courtes périodes d'insécurité, le numéraire circulait abondamment. Nous pensons que sur le site de la lécune, des centaines de pièces ont été trouvées lors des travaux viticoles, il en fut de même sur le site de la font de Santat. Ces pièces sont majoritairement constituées d' aes et de sesterces en cuivre ou en bronze, de deniers en argent et plus rarement d'auréus.

Ceci ne peut être considéré comme la base de la légende du trésor de l'Alaric, les paramètres de cette légende sont beaucoup plus complexes, la génése trouve ses racines dans l'or de Rome.