De Prosper Mestre Huc ....à Scévole Bée
Né à Moux le 23 Mars 1810-Décédé à Douzens 17 Mai 1854.
P.M.Huc n'a publié qu'un seul recueil de vers à Paris en 1842, c'est surtout dans les revues littéraires Régionales que l'on retrouve sa prose épique qu'il signa le plus souvent du pseudonyme de Scévole Bée " Légendes et traditions populaires de l'Aude", Sainte Marie d'Orbieu", "Le logis à la Pomme de pin, (La Mosaique du Midi), "Légende des sept Archers" (Journal de l'Aude). Suivant l'engouement de l'époque pour les ages antiques, il publia les pseudo-légendes de Guillaume de LARA(!!!) et de Jourdain de GRAVE (!!!), dans la Mosaique du Midi( 1837-1842) et celle de Sébastien l'aveugle, sonneur de cloches de l'Eglise paroissiale de Moux, qui est le pendant de l'histoire de Quasimodo et Notre Dame de Paris.
Sébastien aime ses cloches et Isabelle de Laval, fille d'un fermier de Moux. Lorsque ses fonctions l'obligent de sonner le carillon pour les noces de sa bien-aimée avec le garde-chasse Rupert, il se précipite du haut du clocher. Par miracle il ne se tue pas, lorsque huit années plus tard, Isabelle meurt, Sébastien ne peut se résoudre à lui survivre et la mort vient le coucher dans le même cimetière que celle qu'il a tant aimée,(FOLK-LORE Gaston Jourdanne). c'est dans ce récit que l'auteur décrit l'Eglise de Moux " Les patriarches du lieu étaient fiers de leur église, que par une habitude traditionnelle, l'on appelait le Fort. D'après une tradition vulgaire, non dépourvue de vraissemblance, la construction de ce Fort aurait précédée celle du village. qui à l'ombre d'une aussi terrible protection, se goupa, en outre derrière une double protection de remparts et de fossés, , puis ébréchant d'inutiles obstacles, éparpilla ses chaumières entre les versants de la Bade et le rocher pittoresque des Moulins, sur la ligne poudreuse du chemin Français, aujourd'hui, route Royale.
Ainsi donc, s'il est permis d'avoir égard à la robuste conviction des érudits indigènes, le fort de Moux plus ancien que la tour d'Escales aurait participé aux joutes d'Alaric et de Charlemagne....maint membre de la docte assemblée des Arts et Sciences se serait cru en droit de retrouver dans l'église pauvre et nue un monument contemporain de Liviana, qui a 4 milles de Tricessinum et à onze d'Hosuerbas, servit de cachot à Sidoine Appolinaire, victime illustre du roi Euric." (Cartulaire de Mahul - Moux)
Il s'était fait enterrer à Bevas, dans un ovale de 23 cyprès, plus tard, son beau fils, père d'Henri Bataille fit déplacer son corps dans le caveau familial orné du squelette de Ponpon. (Remy CAZALS Les Audois).
Son pseudonyme reste toutefois une énigme, l'un de nos visiteurs nous a donné l'origine de ce Prénom, il est d'origine romaine, qui vient de Scévola : un jeune patricien romain avant même la République, s'était juré de tuer le roi Etrusque Porcénia qui assiègeaient Rome (env. 500 avJC). Ayant pénétré dans le camp étrusque, il se dirigea vers celui qu'il pensait être sa cible. Il se trompa et tua l'un des serviteurs du roi. De rage, il mit son bras droit au feu, pour se punir d'avoir manqué son objectif. Il fut alors surnommé scévolae qui veut dire gaucher, maladroit, en romain antique. Le scaevolisme en médecine est une forme de psychose qui pousse les gens à se détruire par le feu. En france, et sous la révolution, chaque fois que les lettres latines furent à la mode, on donna ce prénom. Notamment à Poitiers, un historien célébre porte le nom de Scévole de Sainte-Marthe, il vivait au XVI° Siècle. (Scévole de Livonnière)
Pourquoi avoir pris ce pseudonyme ? Par humilité, parce qu'il se sentait gaucher dans le domaine des arts et de la littérature ? Parce qu'il avait abordé un domaine qui n'était pas le sien et qu'ainsi, il souhaitait se brûler symboliquement le bras droit, celui qui avait touché des pierres sacrées ? Les terres de Faillenc et de Bevas sont directement au pied de la Montagne d'Alaric, et la source de la Font de Santat était dans son domaine, les ouvriers qui creusèrent la fontaine pour permettre un meilleur débit, trouvèrent certainement des quantités de pièces Romaines, ces pièces permettaient au passant de la Voie d'Aquitaine de s'attirer les graces du Lare Larasson, protecteur des lieux.
Scévole Bée était un léttré, féru d'histoire ancienne, il fréquentait les érudits de son temps, il était au courent de l'histoire locale puisqu'il bâtissait ses romans dans le cadre local de Moux et de l'Alaric. Il est donc tout naturel qu'il gratifie ses héros de noms de personnages où de lieux Mouxois. Pierre de LARA dont le pupille était Jean D'Aban de Moux, fait une rente de dix livres au monastère de St Pons de Thomières. Il transformera ce personnage en Guillaume de LARA dans ses nouvelles, son compagnon sera Jourdain de La Grave, le ruisseau des Graves est alimenté par la Font de Santat. La fount de Santat, lieu où furnt exhumées les centaines de pièces Romaines et les trois autels votifs Gallo-Romains. Tous les Archéologues, dès l'origine de ces découvertes émirent de sérieux doutes sur leur authenticité.