Préhistoire.

Le contexte Régional :

Les premières datations d'occupation humaine dans notre région se situent après les glaciations. Les rigueurs de la dernière glaciation de Würms modifient la répartition des grottes habitat dans notre région, les grottes d'altitude sont abandonnées et l'occupation des plateaux se raréfie, les grottes de la frange sud du Massif central servent de refuge du 60° au 40° millénaire à Bize, c'est la période du Moustérien où l'homme cohabite avec l'ours des cavernes, le mammouth. L'homme de cette époque est notre ancêtre direct, l'homo sapiens est prédateur, chasseur, il réalise de sérieux progrès dans l'aménagement de son habitat, de son art, de sa technique de taille de la pierre, c'est la période de la pierre légère. Passent les étapes Solutréennes avec les pointes de flèches en feuille de laurier, celle du Magdalénien vers le 12° millénaire et ses gravures pariétales de la grotte Gazel à Sallèles. Ces périodes du Paléolithique et du Mésolithique ne sont pas représentées sur notre territoire à ma connaissance.

Le V° millénaire, le Néolithique représente certainement la révolution la plus importante de l'aventure humaine, cette évolution se poursuivra jusqu'à l'apparition des métaux vers 1800 av JC. L'homme n'est plus le collecteur et le prédateur, il élève à présent des troupeaux, plante, sème, cultive, ses outils sont perfectionnés, ses armes aussi. Le mobilier évolue en conséquence : objets et armes de pierre polie et poteries de type cardial (du nom de la coquille utilisée pour décorer les vases). Cette civilisation venue du sud de la Méditerranée influencera définitivement les populations du Néolithique.

A Moux :
Les Chambres d'Alaric
La première trace humaine sur le territoire de Moux appartient au Néolithique supérieur. La grotte des Chambres d'Alaric s'ouvre sur la face Nord du Massif. Elle est depuis longtemps connue et signalée par G. Sicard en 1900. Entre 1953 et 1956, R.Aymé effectue en surface plusieurs trouvailles, plus tard avec J.Guilaine, un sondage permet de mettre en évidence six couches Archéologiques. Il semble que la couche 6 soit seule en place. Au-dessus, les documents sont mêlés, difficiles à interpréter (Champs d'urnes, Gallo Romain, Moyen Age) (Cahiers Ligures-J Guilaine, R Aymé).

La céramique de la couche 6 se compose de marmites à boutons superposés, d'écuelles à fond rond, de récipients cylindroïdes à col droit et carène basse, de fragments de vases ornés de cannelures ou de cordons lisses. Cette céramique s'apparente à celle utilisée par les

peuples de l'Aude/Roussillon du site éponyme de Véraza (2600 av JC). Cette cavité a également livré une sépulture à 1,60 m du sol. Cette tombe était constituée d'une dalle de shiste de 40 cm de côté, prise dans une couche de cendres de 5 cm sous laquelle se trouvaient les restes d'un individu apparemment inhumé en position contractée ; les os du crane et du bassin étaient absents. J Guilaine attribue cette inhumation aux Chasséens avant qu'il n'ait individualisé la civilisation de Véraza à laquelle ils appartiennent. (La préhistoire à la SESA T62 J Guilaine- L'Aude préhistorique 1979 Michel Barbaza).

A l'époque Romaine, sous le Haut Empire, la grotte n'a dû être fréquentée que de façon épisodique, par contre, au Bas Empire, les Gallo Romains ont dû s'y réfugier, à l'abri des Barbares envahisseurs (trouvaille de monnaies dont un sous d'or d'Honorius). Il est possible enfin que la grotte ait été fortifiée au XIII° Siècle lors de la croisade des Albigeois.

La Grotte de la Caouno de Moux
Jusqu'en 1984, la grotte du trou de la Caouno, n'avait livré qu'un vase campaniforme presque entier, décoré au peigne dans le style pan européen (J Guilaine- La civilisation du vase campaniforme dans les Pyrénées françaises - Gabelle 1967). En 1987/86, une fouille de sauvetage programmé, conduite par Henri Duday permettait de découvrir au fond de la cavité connue de tous les Mouxois, une seconde salle renfermant les restes osseux d'une centaine d'individus ? Cette grotte N°II est en fait une sépulture collective. De l'aveu des chercheurs, le site de la Caouno représente un intérêt considérable pour la Paléopathologie, un crane trépané dont le patient a survécu à l'opération et un cas de tuberculose osseuse constituent des documents exceptionnels. Dans la partie du boyau d'accès à la salle II, des urnes biconiques et un anneau spiralé en bronze furent mis à jour, datant de la période du Bronze moyen (1500 av JC), cette datation n'a pu être confirmée, au contraire, la trouvaille de deux armatures de flèches à pédoncule et ailerons, un petit bol in orné campaniforme classent les restes de la salle II au Chalcolithique, donc 2500/2000 av JC pour cette période du Néolithique final. (H Duday La Caouno de Moux- Rapports de fouilles 1984/85/86).

La grotte sépulcrale du trou de l'Oule fut inventée par JP Bousquet en 1960. Cette cavité est située en dessous du Château de St Pierre. JP Bousquet mit à jour des restes humains sans aucun document archéologique. J Guilaine l'attribue au Chalcolithique et la qualifie de poche sépulcrale. (JP Bousquet 1960 Notes sur Moux BSESA T61).

Station de plein air As Mountagnos- découverte par Régis Aymé vers 1975. située au flanc de la Coste, en bordure du ruisseau de Bevas. De nombreux fragments de silex, outillage lithique, grattoirs, armatures de flèches, coquillages de parure, fragments de céramique chasséenne. Ces vestiges datent de la fin du bronze final et du début de l'age du fer soit 1000 ans avant J.C. (avec réserves).(BSESA 76)

Nous avons aussi rencontré au lieu dit "le col de Porte", des traces d'occupation antique des siècles précédant l'occupation romaine, IV° et III° Siècle avant JC. Céramiques frustes qu'il est difficile d'attribuer. Dans cette vigne, un seul fragment de céramique décorée -période Gallo-romaine-.