Mathurin PEYRE.. une vie à MOUX.....
Mémoires de Mathurin PEYRE, habitant de Moux
Comme mon pays natal a beaucoup changé depuis mon jeune age où j’allais à l’école, je vous parle de près d’une centaine d’années. Né le 11 Février 1878, rue de l’église où mon père était domestique chez Monsieur Huc Régis. Avec mon frère aîné, j’allais à l’école et me souviens que le soir quand l’on sortait, nous allions goûter à la maison, avant de partir au travail, notre mère nous avait préparé un verre de vin et d’eau avec un grain de sucre dedans, on y trempait notre morceau de pain, nous n’avions pas le choix, nous n’étions pas gâtés. Et nous voilà, on allait s’amuser avec des boules que les épiciers nous vendaient 1 ou 2 sous. D’autres avaient le pain passé au grain d’ail et d’huile, les plus aisés, une barre de chocolat . Quand j’ai atteint l’âge de huit ans, ma mère m’a mis enfant de coeur, nous avions comme curé Sénègre qui est resté curé pendant une quarantaine d’années, nous étions nombreux, 12. Depuis, j’ai vu quatre générations, dans certaines maisons dont je vous cite quelques unes - Maison Huc, le Maire ancien, son fils, son fils François, et enfin André- Maison Huc Amara, Huc Maurice, Huc Eugène et son frère Paul et maintenant, la femme Charlet.- Maison Escourrou, son fils Paul, son fils Jacques et femme Longueval. Quand on est arrivés à l’age de 13 ans, notre père nous à mis à la culture, avec les femmes, on gagnait une pièce de 20 sous par jour. L’année d’après, ma mère voyant que nous étions à 3 places différentes se mit à chercher une place afin que nous soyons tous ensembles, ce fut chez Monsieur Maurice (1) que nous fumes. Malgré qu’il y avait 14 ans qu’il était là, il est parti en ami. Nous avions comme maintenant deux foires, le 14 janvier et le 8 Août. Il y avait à cette époque un hôtel assez grand à St Anne(2), avenue de la gare, face à la remise de Barthe. Les marchands de cochons venaient 2 jours avant s’y installer avec une trentaine de cochons, il leur donnait à manger, il avait un sac de chataignons, dont il en donnait à volonté afin qu’ils fassent plus de poids. Nous autres gamins, on y allait nombreux, on se plaçait principalement près du sac pour les voir manger et quand il causait avec des bedeaux et qu’il nous tournait le dos, non plongions la main dans le sac et l’on se remplissait les poches. La foire se tenait à la place St Régis, Il y avait de 400 à 500 personnes, venues de Fontcouverte, Montbrun, St Couat, Douzens. Il y avait aussi des marchands de toutes sortes de marchandises, sur la route, installés depuis Devèze jusqu’à Chluda et toute la rue où habitent les deux boulangers. Quand venait l’époque des vacances, les mamans de ces enfants avaient de quoi faire, elles les envoyaient à l’Aric faire un fagot car on n’en achetait pas. Nous partions à midi et on arrivait avant la nuit, des fois, il y avait des femmes avec nous, ce qui me fait rappeler et c’est une vérité, qu ’une fois, il faisait très chaud et chargés que nous étions, nous avons fait la pose au puits d’Aussillous, dans l’Aric, il y avait derrière nous, la mère de Bousquet elle fit la pose avec nous,. Elle nous dit j’ai une soif en regardant l’eau du puits, elle eut l’idée de quitter un soulier, défaire le fil de fer du fagot et puiser de l’eau, puis boire elle nous demanda si nous en voulions, avec regret nous avons bu car la soif est mauvaise, nous sommes partis contents. Ah ! ce sont les contes d’autrefois, qu’on ne verrait pas à cette époque, nous n’avons pas vu jeunes la vie en rose et quand j’ai vu mon père pour la foire qui achetait un cochon de 120 KILOS, avec 120 francs et que maintenant, je n’ai pour ce prix pas même une cotelette , puisque hier soir, en allant acheter de la saucisse, j’ai vu une femme qui en a payé 150 francs. Comparer un cochon de 120 Kilos avec une cotelette. Je ne sais pas vers quoi nous allons, mais ce n’est qu’un avertissement pour la génération qui arrive et qui n’ont pas l’air de s’en douter. Oui pour ceux qui veulent comprendre, nous avons vu nous les vieux ce que les jeunes ne sont pas à l’abri de voir. Et malgré tout cela, nous avons passé une belle jeunesse parceque, malgré le peu d’argent, on s’amusait beaucoup, plus que maintenant, car nous n’avions pas le même tempérament, les mêmes idées, la même jalousie d’être l’un au dessus de l’autre, car j’ai à dire qu’à cette époque, comment nous dansions chaque dimanche, surtout à l’époque du Carnaval. Et quand je pense que moi, mon frère, Léon Fabre, abrial, nous faisions danser pour 2 francs chacun et les consommations, on égorgeait (3) nos camarades au café Sibade. Et je peux dire que Moux était monté jusqu’à plus de 1200 habitants, la gare était très mouvementée, avec la ligne de Caunes elle occupait 30 employés, chiffre presque incroyable, un hôtel dont on pouvait compter 12, 15 charettes de fourrage. Village qui a fourni parmi ses habitants des personnages haut placés, tels je cite: Ferdinand Théron, Député, son petit fils Didier dont le père professeur à l’école de Saint Cyr et lui président à la cour d’appel de Paris, Deville René (4)Ingénieur principal à la Compgnie de Chemin de Fer à Limoges, Mélhuret, Chef de gare à Carcassonne, Lebrau, poète et Henri Bataille avec son tombeau et ses deux plaques de testament dont beaucoup de Parisiens de passage vont visiter. Et je pousse jusqu’à citer des petits fonctionnaires tels que Bastardy Achille, Maire de Moux, Abram Achille, Maire de Roquecourbe, Dézarnaud Marius, Maire de Montbrun. Village qui bénéficiait de deux sociétés de Musique, une très ancienne dont le chef était Huc Régis qui avait participé à plusieurs concours et l’autre nouvelle, avec son chef, Louis Raynaud (5). Deux fois par semaine, elles avaient répétition et les habitants allaient y passer la veillée jusque dix heures, cela distryait beaucoup les habitants. Pendant l’été, nous avions le mouvement des charettes, qui descendaient de la Carrière de pierre de la Caouno dont on entendait de loin le bruit des mines et des marteaux qui cassaient les pierres à une certaine dimention pour les routes nationales, qui étaient en très mauvais état, surtout qu’à cette époque, il pleuvait tout l’hiver et des fois, elles étaient impraticables. Au mois de Septembre, les vendanges duraient 25 jours et plus puiqu’il se rentrait 50 mille à 55 mille hectolitres. Après les vendanges, l’on voyait toute la campagne noire de monde, à la cueillette des grapillons, pour avoir de quoi boire toute l’année, mais il y en avait énormément, on en faisait des piquettes. La grande forêt d’Alaric était achetée en adjudication, pour le coupage des arbres, des charettes descendaient ce bois dans las villages pour la vente. Il y avait des cables en acier qui le descendait du fort Saint Pierre, sur la route à port. La maitairie de Monsieur Didier était habitée par deux domestiques, il n’y avait aucun terrain en friche. La campagne de Monsieur Lebrau était occupée par un berger qui s’appelait Sénégas il y est resté longtemps malgré son éloignement et malgré quatre ou cinq gosses, mais il ne patissait de lapins!! Le four à chaux était occupé aussi. Toute la Côte était travaillée, chaque Dimanche, les ouvriers partaient avec un bigos pour déffricher et planter, des arbres fruitiers, des pois, des fèves, et ils faisaient suivre leur fils, tandis que maintenant, ils font des raisonnements au coin de la poste.
Nous avions des omnibus qui venaient des corbières, porter des voyageurs à la gare. Et quelque fois, nous avions une distraction, Guignol, Théatre de poupée, des fois Friquet pour nous jeunes c’était une distraction, ça nous faisait rigoler. Et plus tard, le cinéma, mais c’était cher pour nous. Pendant la fête du village, nous avions les chevaux de bois, à St Anne. Jeune homme,quand on avait 5 francs en poche, nous étions riches. Avant de commencer le bal on faisait le tour du village avec les filles et quand on arrivait aux chevaux de bois, on y montait tous. Au bal nous avions comme éclairage des lampes à pétrole qu’un garde-bal allait garnir chaque matin pendant huit jours, avant on allait à l’Aric pour chercher une charette de buis pour confectionner l’orchestre et une couronne tout autour de la lampe, puis deux pliliers devant la porte garnie de buis. A cette époque, il fallait chercher une salle de bal chez celui qui voulait bien nous la prêter, tantôt chez l’un, tantôt chez l’autre. Une année chez plancade, une autre chez Régis, un autre chez Escourrou, une chez Calixte un autre à la cave de Vaissière un autre chez Didier. Ce n’est qu’une fois chez Devèze. Ce n’est que depuis que les ancêtres de Monsieur Huc Eugène (Moussu Gènos) ont disparru que Monsieur l’a mise à disposition de la jeunesse et des banquets parceque auparavant, il y avait une société de secours Mutuel dont chaque année au mois de Mai, ils faisaient un banquet dont le Maire, Monsieur Bastardy était le président. Comme moi j’étais un peu de la maison où mon père a été vingt sept ans comme régisseur (Ramounet), je fus désigné pour procurer les vins pour ce banquet, vin vieux chez Bastardy, vin blanc Huc Georges, vin ordinaire chez Lignières. Pour le matériel du bal, j’étais au courant de tout dans cette maison, mettre les vins en bouteille la veille, chercher un chevron au décorateur, etc...deux ou trois jours avant, chercher le décorateur à Lézignan. Le lendemain, remettre tout à sa place. Et après tout cela, il faut que je le dise, pendant le bal, j’étais le seul ouvrier pour danser le quadrille des lanciers dont il faut être quatre ou huit, parceque cette danse n’est guère de coutume, étant une danse de salon. Danse qui n’était pas connue par la basse classe dont je faisais partie, mais n’empêchait pas que madame Pech de Laclause m’envoyait sa bonne m’engager pour faire la valse avec cette demoiselle de 18 ans dont elle aimait à danser et personne n’osait aller la chercher. Mais tout de même, je devais avoir une part d’honorabilité comme je crois qu’il en a toujours été ainsi dans la famille. Et après cela, pourquoi quand ces demoiselles se sont mariées, elles sont venues me solliciter pour leur faire les honneurs pendant 15 jours avant le mariage, et m’inviter à leurs noces, alors qu’au milieu du repas, j’allais leur faire un compliment. Il fallait avoir du courage, jeune que j’étais devant une si nombreuse assistance, mais à cette époque là, c’était la mode. Je peux en même temps vous en donner connaissance (du compliment). Madame, Monsieur, « Tous les deux se lèvent face à moi » Tous vos parents m’ont donné l’agréable mission de vous apporter leurs Félicitations et leurs voeux. En une circonstance aussi heureuse, nous avons voulu vous témoigner notre joie et la joie commune. De toutes parts, de vos parents, de vos amis, de tous ceux qui vous ont connue, vous ont aimée, vous arrive d’innombrables et touchants témoignages d’affection, nous voulions aussi y joindre les nôtres; Et à cette magnifique gerbe, faite de la tendresse et de tous ceux qui vous entourent, ajouter une modeste fleur faite de nos sincèrités, de nos respects et de notre sympathie. Nous vous prions d’en agréer l’hommage et nous avons le ferme espoir que nos voeux seront exhaucés et que l’avenir vous réservera tout le bonheur dont vous êtes l’un et l’autre dignes. Je lui fais part d'un discours copié et un joli ruban tout autour et eux m’ont donné une enveloppe où il y avait 500 francs, j’en ai fait de même quand sa soeur s’est mariée avec Mr Bastide de Carcassonne, le patron du magazin Maison Blanche donnant rue du marché et rue Victor Hugo. Et j’ai fait aussi M Mestre et Huc Eugène en 1900. Comme fils d’ouvrier, j’étais assez débrouillard et patient. Pour faire les honneurs quinze jours avant le mariage, je prenais cinq de mes camarades, on achetait un pistolet chacun et tous les soirs, de 9 heures à 10 heures, on allait devant leur maison tirer un coup de pistolet chacun à intervalles de 8 à 10 minutes et à 10 heures on nous faisait rentrer prendre un petit verre et le jour du mariage pendant le cortège, nous nous espassions et on tirait un coup de pistolet pendant tout le parcours, nous participions au repas. A cette époque, sont nombreux ceux qui ne l’ont pas vue et pourtant, je ne crois pas vous gonfler de mensonges, il existe encore des gens qui l’ont vu malgré que je vous parle d’avant 1900. Mon père a fait la guerre de 1870, moi celle de 1914 dont j’ai fait 32 mois de captivité, mon fils celle de 1940 comme marin DCA et malgré que l’on veut éviter tout cela, je prévois qu’on n’y arrivera pas et que plus tard, vous direz, il avait raison. Quand je suis à Moux, je me demande où sont passés tous ces chevaux d’autrefois, il y en a presque plus, je vous donne une idée des anciens... Route Nationale , Plancade 1, Régis 1, Huc eugène 11, Desplas 1, Devèze 4, Vaissière 1, Roque 1, Dupont 2, Sainte Livrade 1, Deville 1 ane, Desplassous 2, Veuve Théron 2 et à cotté Lattes 1, Théron député et 2 à la campagne l’Aric, Urbain 2, Georges 3, Roche 2, Ville 2. Je me rappelle du nom de la maison qui fait coin de la route de Montbrun 1, Esther 1, Auriol 1, Huc François 5, lé clarinétairé 1, Mélix 1, Auriol 1, Petit Théophile 2, Soulayrac 3, Noguès boucher 1, Calixte 4 ou 5, Doutre 2, Vidal Thimoléon 3, Abrial 1, Belly 2, Huc Régis 2, à côté de Calixte, face St Régis 1,, Huc Charles 2, Idelon 1, Bastardy 8, Ala 1, Revel 2, Gascard 1 ane, Escourrou 4, Rabé 1, Estrade 1, Dézarnaud 1 mulet, Grangé 1, Mestre 1, Oustric 1, Lignières 1, Huc Edmond 2, si cela ne vous dit rien, quand j’avais quatorze ans, il y avait à Moux exactement 102 chevaux, cela paraît incroyable pour le moment. Il n’y a qu’à se placer sur la route de voir autos, camions, jour et nuit et dans la journée, des tracteurs, plus de chevaux. Cette diminution des chevaux va diminuer la culture, si l’on constate que ces grosses propriétés qui chariaient après les vendanges les 10 ou 15 jours du fumier dans les vignes, se trouve en moins car c’est la principale alimentation du terrain, surtout chez monsieur François qui avait une bergerie ainsi que chez monsieur Eugène car l’engrais est au dessous de tout ce mélange de fumure et quel les tracteurs n’arriveront jamais à valoir la main d’oeuvre qui aujourd’hui fait de beaucoup défaut. Quand je vois qu’il n’y a plus de femme dans la culture et que l’on voyait des colles de 10 à 18 femmes dans les vignes et que tout cela a disparu. En passant, je peux donner un apperçu de la quantité de vin qui se rentrait à cette époque, l’on faisait 25 à 28 journées de Vendanges malgré que 150 ariègeois venaient nous aider. Je dis aussi qu’il pleuvait en hiver des fois 8 jours.
Et voici les quantités. . . .
Bastardy Achille 6550 hl Huc François 5000 Huc Eugène 4880
Hypolitte Esourrou 3000 Huc Germain 3300 Henri Devèze 2000
Ferdinand Théron 2000 Abraham Achille 2000 Huc Charles 1500
Petit Théophile 1200 Soulayrac 1200 Timoléon Vidal 1200
Edouard Ville 1000 Huc georges 2300 Huc Régis 1400
Vaissière Julien 1400
Je n’énumère pas ceux qui sont au dessous de mille, mais je crois me souvenir d’une année à 56000 hectos, je doute fort que les jeunes même en devenant vieux, voient un jour cela. Après les Vendanges, il y avait la vendange des pauvres, les grapillons, qu’est ce que l’on voyait dans la plaine, avec seau, panier, brouettes, pendant quelques journées, 10, 15, 20 jours, je m’y mettais moi aussi, une année, j’avais un ane et je suis arrivé à 30 comportes, mais il y en avait!! Voilà, s’il y a du progrès dans la technique, les inventions, les machines, l’industrie, la médecine et autre, nous Méridionnaux que nous sommes il y a quelques années que le progrès n’existe pas pour notre pays. Si nous voulions tant ce progrès, comment se fait il que sur 1200 habitants à Moux, je n’ai jamais vu un habitant a la clinique et comment l’on voit les jeunes enfants malades où doué a un traitement ou si tôt naître, la vue lui manque, chaque jour, on enregistre des mortalités d’auto, ce qui n’existait pas et des fois, 60, 80 personnes en avion, n’est il pas déplorable de payer très cher ce progrès. Vous allez dire qu’avec ces allocations, il y a beaucoup de naissances, mais attendons, il y aura beaucoup de morts sans maladie. Nos ancètres dont je peux me rappeler ma mère qui malgré sa vieillesse, je l’ai gardée jusqu’à 88 ans elle se guérissait sans aller chez le Docteur et comment. Elle avait une caisse dont il y avait toutes sortes de plantes ramassées dans la campagne, et au moindre malaise, elle allait dans la caiise choisir selon son mal et elle guérissait, sa viellesse en est la preuve. Moi personnellement, je ne suis pas ses directives, je le garde (le mal), j’en fais plus longtemps, je me soigne et j’en guèris. Et à cette époque ou l’on voyait 8 ou 10 femmes ramasser les olives vertes pour faire de l’huile, comme c’était en plein hiver, au mois de janvier, elles étaient bien habillées pour résister au froid même des fois avec des gants d’homme, sur l’arbre pour les abattre et l’autre dessous avec une perche de trois mètres. La journée était de neuf heures à quatre heures à cause du froid, à quatre heures, une charette venait les chercher. Celuis qui en avait le plus, c’était monsieur Maurice, père de monsieur Eugène qui arrivait jusqu’à 60 comportes. A la fin de la cueillette, 2 charettes de 30 comportes chacune partait au moulin de Mailhac pour les moudre et mettait l’huile dans des grandes bonbonnes. Et maintenant que l’on voit ces oliviers qui ont disparu avec cette forte gelée de 1956. Des centaines de figuiers avec des guines, tout le monde avait des figuiers sur la côte qui était verdoyée par ces arbres plantés aux abords des petits carrés de vigne défrichée par eux le Dimanche et s ’amusait même à semer des fèves et des pois, chose que je faisais aussi moi-même en compagnie de mon père et de mon frère. Et maintenant, en prenant du village jusqu’à l’Aric, s’est devenu un désert . . . . Moi à la guerre de 1914, étant prisonnier à Mayence, nous allions bien furetter dans les poubelles, dans le camp, c’est dans celui-ci que j’ai rencontré Monsieur Didier qui m’a invité à diner avec lui. Il était interprète du camp et avait deux ordonnances, l’un de Carcassonne, l’autre de Toulon, puis je suis parti à la culture, avant de partir il a eu la gentillesse de me proposer de l’argent, je l’ai remercié, j’en avais. En captivité, à la culture, nous faisions 12 heures par jour mais l’on mangeaait à sa faim, principalement des pommes de terre, car dans cette contrée, il s’en produisait énormément. Et maintenant, je reviens sur Moux, nous avions comme Maire Achille Bastardy et comme adjoint monsieur Petit. Pour enlever ce conseil, ce n’était pas facile, pour propagandiste ils avaient l’instituteur Deville. A vrai dire, à cette époque les élections n’étaient pas acharnées, l’ouvrier était un peu illétré, ce n’est qu’après la guerre (de 14) qu’on les a balayés. Il a falu les jeunes qui ont souffert à la guerre, qui ont du coeur de se venger pour leur père,je dis les jeunes, les jeunes c’était nous, car maintenant, ils disent: la politique je m’en fous! peut être le verront ils plus tard.Quand on voit Liberté, Egalité Fraternité disparaitre et à bien réfléchir, nous sommes la seule puissance pour avoir du plaisir à la guerre, quand on peut dire que nos fils sont tombés à la guerre de 39, la guerre d’indochine, la guerre d’algérie, combien d’années de guerre a fait la France ? et l’on prêche toujours la paix.
Carcassonne le 30 Aout 1960
Que le temps chogue caout,
ou qué chogué gris,
Beni bézé soubén moun natal pays
Quant éri pétit, anabi à l’éscolo
Dal temps qué andriou al mouli fajo marcha la mola
Y pourtaben de mil pér faire leé millas
Aban de le faire, callo le passa al cédas
Quant on dits que cadun a so queé mérito,
Et qualco temps aprets, chosquéri acoulito
Ma plaço éro pas per essé la prumièro
Callo de temps en tens récita la prièro
Mè qualco tens aprèts, benguèri un goujat
Mé cllo ana sulfata amé un engragnéro, un ferrat
Et cado jour fajo collo amé lés journalies
Et oubligeait moun payre à croumpa de souliés
Fatigat per iéou, me fajo pas un caprici
Et aco durait, jusqu’o parti par Cerbiéi
Moun fryre mécéptait un an es pas trop lounc
Et aco me balguait déessé leou de retour
O on s’amusabo pla, junesso duro qu’un tems
Festo de Fontcouberto, san couat et Douzens
L a principale per nous aoutris éro la festo de Mous
Es aqui que béjon tout lé moudé mirous
Et quaoqo ans aprets, dessidi de me marida
Et dious boulguet que la trapi pla
En trabaillan touti dous, ramassèri la bigno
Bigno que croumpéri al médéci Canal
Et podi dire despeis que ma fait de coustals
La sabets oun se trapo, ancien cami de coumigno
Lei trabaillado touto dous cots al bigos.
Dins touto la journado, béjo que mé fajo un tros