MOUX SOUS L'ANCIEN REGIME

La Société

La Société Le Roi:

La structure de la société est coutumière empreinte de Médiévalité. Corporative et hiérarchisée, l'individu ne compte pas, seule la corporation peut règler le problème, tout est communauté dotée de ses libertés et privilèges, le degré de naissance et l'appartenance à un corps primaient sur tout.Catholique, le clergé est l'administrateur de cette société il régit tous les instants de la vie, de la naissance à la mort , le Roi en est l'émanation suprême, il régne de droit Divin. L'église tient les registres d'état civil, l'enseignement, collèges et Universités. Tout est en fait sous l'égide de l'église et de la religion, Hôpitaux , Hopices, assistance. Dans tout acte de la vie publique, on invoque la sainte Trinité ou la divine providence, chaque corporation de mètier est sous la protection d'un saint. La Société est divisée en tois ordres, Le Clergé, La Noblesse, Le Tiers Etat, ordres de plus en plus fermés au fil du temps.

L'etat est Centralisé tout

Privilèges et classes sociales :

Prier, Combattre, Travailler sont les devises de chaque classe sociale.

Les privilèges accordés aux Nobles et au Clergé issus de l'ordre seigneurial Moyenageux pèseront sur la structure sociale et sur l'économie de cette période, il seront souvent un frein à l'économie et un facteur déterminant dans les évènements de 1789. La Noblesse et le clergé sont exempts de tout impôt, un impôt qui pèse de 30 à 40 % sur le reste de la population, certains seigneurs ou Archevêques sont à la tête de terres comparables à des Départements qu'ils laissent souvent en friche.

Le Roi gère cet équilibre, privilégié parmi les privilégiés, il ne peut mettre en cause cet organisation dont il dépend avant tout. La noblesse acquise par la bravoure et l'impôt du sang, le clergé historique rempart pour la civilisation romaine sont séparés par douze siècles d'histoire, d'un monde qui n'est plus celui de la constitution de l'Occident, au seuil du XVIII° siècle, plus rien ne justifie ces privilèges. La fuite en avant des dépenses somptuaires de la cour et des privilégiés va progressivement mettre en faillite le pouvoir royal -seuls Henri IV et Sully assureront un équilibre budgetaire au cours de ces 3 siècles.

La noblesse prendra pour habitude de donner les charges royales, bénéfices et offices au sein de son propre corps, 25 000 familles, 270 000 personnes se partagent ainsi honneurs, pouvoirs et richesses excluant de facto les 18 millions de sujets, représenté par le Tiers-Etat, leur laissant même la charge d'assurer impôts, taxes et servitudes. Vers 1680 , la noblesse, ruinée par la baisse de la rente du sol , endettée par les emprunts usuriers laissera en friche, puis vendra aux Robins et Bourgeois avides de ce mirage social , ces terres attachées à des privilèges séculaires. Les nouveau "seigneurs" , bourgeois riches possésseurs de terres nobles abuseront largement des privilèges attachés aux titres, ils tenteront de faire entrer les terres nobles hors du domaine taillable et réactiveront la foule de servitudes, écrasant les pauvres populations rurales (cahiers de doléances).

Le XVIII° siècle finissant, les 18 Archevêques , 118 Evêques et 8000 chanoines sont tous Nobles refermant ainsi la boucle économique dans un cercle restreint ouvert aux seuls privilégiés. Les attributions de bénéfices ecclésiastiques à la noblesse vont accentuer le clivage entre haut (Mgr Dillon Archevêque de Narbonne 160 000 livres de revenu) et bas clergé abonné à la portion congrue (200 livres).

Le tiers Etat

'Agriculture :

En toile de fond, l'agriculture, sur laquelle repose l'économie, une agriculture basée sur les "bletz" le blé, nourriture essentielle à l'époque qui nourrit à la fois les populations, mais aussi les rentiers de la terre, Nobles dans un premier temps, Robins et Bourgeois par la suite. La chute des revenus du sol provoquera une mutation irréversible dès 1680, la Noblesse endettée vendra ses terres pour le seul prix de l'impôt. A MOUX-Le froment est partout, de Laric à l'Azagal,, quelques olivettes ou Mûriers aux Rounets et aux chemins de narbonne, la vigne à Mascarou et à la Lécune, mais très peu. Peu de bétail et donc peu de fumier. Le paysan méridionnal pratique toujours l'assolement laissant donc une partie de ses terres en jachère, c'est l'araire mécanique en bois qui est utilisée, pulverisant une dérisoire couche de terre, qui plus est tractée au pas lent du boeuf, le cheval étant hors des moyens paysans. Les rendements lorsque l'année est bonne sont à peine suffisants pour reconstituer le stock des futures semences.

Progressivement, au XVII° la culture va évoluer et la nourriture nourrir des populations en disette chronique -Muscats, Pêchers-Poiriers venus d'Italie, artichauts, aubergines, poivons, tomates, haricots, jusque là inconnus viennent d'amérique. La démographie est d'ordre primitive, beaucoup d'enfants qui meurent pour la plus part en bas age et des adultes pour qui atteindre 40 ans est un age cannonique, aucune espèrance à moyen terme, même le lendemain est un avenir incertain.

Climat :

Ponctuant cette culture du blé, le climat, facteur essentiel de la réalisation économique, une année de sècheresse suivie d'un hiver froid et c'est la chute de revenus pour les Nobles, la disette voire la famine pour les humbles, cumulé sur deux ou trois années, c'est la chute des mariages, de la natalité et le manque de bras pour les futures récoltes. Cette période sera celle du PAG, Petit age glacière avec un température en moyenne à 1 ou 2 ° en dessous des températures actuelles, suffisant pour faire descendre les glaciers aux portes de chamonix et avoir des conséquence notables sur la maturité des cultures. Face à cette situation, la lutte contre le froid est au quotidien, les hivers rigoureux imposent l'abattage de tout ce qui peut brûler, déforestant durablement les bois et forêts appartenant généralement au seigneur qui donne ou non l 'autorisation de coupe, provoquant des conflits sans fin. Le chauffage est limité à la seule pièce commune, le poèle dispense une chaleur de proximité. Pour dormir, la promiscuité s'impose, enfants et adultes mêlés. Le vêtement est une seconde peau, l'on empile la journée et la nuit pour dormir, il n'est bien sûr pas question d'hygiène favorisant ainsi les fièvres et miasmes récurants;

La révocation de l'Edit de Nantes -Edit de Fontainebeau 1685- interdisant le culte protestant en France aura pour effet d'accélérer l'exode massif des élites Protestantes - commerçants, industriels, banquiers , élites intellectuelles, freinant l'évolution économique, principalement la mise en place du crédit, qui était géré par les Protestants. C'est le "rejet du corps séparé". L'effet secondaire sera la création de la Ligue de Augsbourg qui fédérera et renforcera durablement les empires centraux réformés. Cet épisode douloureux passe quasiment inaperçu dans les analyses françaises des origines de la chute de l'Ancien Régime, elle coincide avec le déclin Economique de la Noblesse, cet évènement va démarquer durablement (peut être pour toujours) la France du courant industriel et marchand des 18° et 19° siècles.

En toute fin du règne de Louis XVI, l'Edit d'Eden - 1784- autorisera l'entrée des objets manufacturés Anglais provoquant la faillite de la manufacture française jetant dans les villes des centaines de milliers de chomeurs qui seront le terreau idèal et la main d'oeuvre opportune pour la révolution bourgeoise.

Les Lumières et l'Encyclopédie de Diderot avec ses 4000 souscripteurs vont jeter les bases d'une réflexion de fond sur la vision de la société des techniques et de l'approche de Dieu et cette vision de prospective d'une progression de l'humanité vers plus de civilité et de bonheur matériel. c ette Encyclopédie a été perçue par les contemporains comme la méssagère éclairée de la transformation du Monde. L'Encyclopédie accentue le clivage entre Anglo-Saxons et Latins , pour Diderot inventaire et classification des idées, pour Newton constatation du résultat et des moyens pour y arriver.